frederic-martin.net

Le blog

Dernier article

Liste des articles


frederic martin
coaching-efficace.com

Le blog de Frédéric Martin

Le blog de Frédéric Martin

9 février 09

Pourquoi choisir une thérapie brève ?

Une thérapie brève est de courte durée. La notion de thérapie brève est évidemment entendue dans le sens de la durée. Mais est-ce tout ce qu’il faut retenir ? Pourquoi choisirait-on une thérapie plus longue si une thérapie brève pouvait régler le problème ? Une thérapie plus longue ne serait-elle pas plus sérieuse ? 

Il est important de comprendre que le nombre de séances n’est pas ce qui est recherché en priorité. Quitte à schématiser, laissez-moi revenir un instant sur deux chercheurs qui ont inspiré tant de thérapeutes : Freud et Erickson. Une psychanalyse freudienne est effectivement plus longue. Le but recherché est de se comprendre, de comprendre les autres. Il n’y a pas à proprement parler d’objectif thérapeutique. La guérison d’un symptôme gênant est espérée, mais ce n’est pas ce qui est recherché en premier. L’essentiel est d’explorer la psyché : pour cela on va analyser les rêves, on va aussi décortiquer les liens inconscients qui se nouent entre le patient et son analyste. Une certaine période de temps est nécessaire pour ces explorations. 

Le psychanalyste suit le principe de la libre-association d’idées. Si un homme marié dit qu’il a envie d’étrangler sa femme, le psychanalyste va rechercher ce qu’il y a derrière le langage : les mots, les images qui viennent à l’esprit. Il ne va pas appeler le 15 pour appeler au secours, « venez vite, mon client veut étrangler sa femme ». Il est non interventionniste. Milton Erickson, lui, a été un précurseur d’une thérapie plus interventionniste, dite thérapie brève. Comme le raconte Jay Haley dans Uncommon Therapy, il préférait aider un couple marié à traverser une période difficile et rester ensemble* : 

« Like most therapists with a family orientation, Erickson prefers to help a married couple get past a difficulty and remain together. However, if he thinks the marriage has been a mistake, he is likely to agree to a marital breakup. If he evaluates the situation as dangerous, he will actively intervene to encourage a divorce as rapidly as possible.”

Traduction libre : « Comme la plupart des praticiens tournés vers la thérapie familiale, Erickson préfère aider un couple marié à traverser une période difficile et rester ensemble. Cependant, s’il pense que le mariage est un échec, il a tendance à accepter la séparation. S’il pense que la situation est dangereuse (pour l’intégrité physique d’un membre du couple), il n’hésitera pas à intervenir afin qu’un divorce se produise aussi rapidement que possible. » 

Erickson est devenu mondialement célèbre pour trouver des solutions rapides aux problèmes psychologiques. Il a été à l’origine des thérapies systémiques et familiales (qui ont donné lieu ensuite aux thérapies stratégiques**). L’hypnose ericksonienne est la maman des thérapies brèves. Le but premier d’Erickson était de faciliter un changement. Il partait du principe que son patient voulait changer d’habitude, changer de comportement. Dans le cas d’un jeune marié, il ne se préoccupait pas en priorité de savoir ce qui l’avait conduit à se montrer impuissant le jour de ses noces. Il cherchait avant tout à ce que lui et sa jeune épouse vivent une sexualité épanouie. 

Choisir une thérapie brève revient donc à préférer un thérapeute interventionniste à un thérapeute non-interventionniste… Cela me fait une belle jambe, me direz-vous ! De façon plus profonde, vous pouvez vous dire que votre inconscient est en train de vous envoyer un message. Si, à un moment donné de votre vie, vous choisissez une psychanalyse, c’est que vous ressentez le besoin de mieux vous comprendre. Si vous choisissez une thérapie brève, c’est que vous ressentez le besoin d’un changement. 

(*) Haley J., Uncommon Therapy, W. W. Norton & Company, éd. 2003, p. 176 

(**) Une lecture recommandée : Nardone G., Watzlawick P., L’art du changement  - Thérapie stratégique et hypnothérapie sans transe, L’ Esprit du Temps, 1993.         




Vous pouvez bien sûr laisser un commentaire:


haut de page