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Le blog de Frédéric Martin
8 mai 2009 Le rite du
Peyotl chez les Tarahumaras Voici un commentaire du livre d’Antonin Artaud, Les Tarahumaras, où il décrit les hallucinations provoquées par le peyotl (la mescaline). Au pays des Tarahumaras, détenteurs des secrets enfouis
de l’Atlandide, Antonin Artaud se prend sa dose de drogue (le peyotl). A notre
époque, le voyage initiatique de l’adolescent se limite à un aller-retour à
Amsterdam avec un billet jeune SNCF. Antonin Artaud, lui, faisait ça avec style,
fuyant l’asile, quémandant de l’argent pour son voyage transatlantique, le tout
sous fond des bruits de bottes du nazisme, crapahutant dans la montagne d’une
aride province mexicaine vingt-huit jours durant
avant d’avoir le droit d’avaler le jus de plante hallucinogène local : « C’est
un dimanche matin que le vieux chef indien m’ouvrit la conscience d’un coup de
glaive entre la rate et le cœur… » (p. 16) En dehors du côté poétique de son écriture, le récit d’Antonin Artaud éclaire sur les sensations provoquées par la drogue : « On se sent comme dans une onde gazeuse et qui dégage de toutes parts un incessant crépitement. » (p. 35) La drogue modifie la conscience, procurant des hallucinations auditives, visuelles, le corps se libère de la pesanteur pour se fondre dans le cosmos. Antonin Artaud voit là une « guérison », une rédemption, une initiation. Est-ce agréable ? Pas toujours : « …on n’y parvient pas sans avoir traversé un déchirement et une angoisse, après quoi on se sent comme retourné et reversé de l’autre côté des choses et on ne comprend plus le monde que l’on vient de quitter. » (p. 35) Antonin Artaud, Les Tarahumaras, Gallimard, éd. 1971
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