Le coach se définit-il par rapport à son public ?
Il est parfois difficile de se retrouver dans la foison des
appellations : coach sportif, coach de vie, coach en entreprise, coach
mental… Faut-il faire appel à un coach pour dresser son
labrador ? Pour cesser de fumer ? Federer devrait-il faire appel
à un coach pour parvenir à battre Nadal en finale de
Roland-Garros ? Votre fils a-t-il besoin d’un coach pour
réussir ses concours ? Je suggère de distinguer les
coachs en entreprise et les coachs de particuliers.
Le coach en entreprise (ou Executive Coach). Le
coach peut travailler en face-à-face ou bien face à une
équipe. Mais la structure de sa relation avec l’entreprise
reste la même. La relation entre le coach et l’entreprise
s’inscrit dans le cadre d’une relation commerciale. Le
coach est rémunéré pour ses prestations par
l’entreprise. D’un point de vue économique, il
contribue au développement de celle-ci. D’un point de vue
relationnel, le coach doit gérer à la fois son
interlocuteur au sein de l’entreprise (le prescripteur) et le
coaché (le bénéficiaire de la mission de
coaching). D’un point de vue psychologique, le client est le
coaché.
Dans la relation au coaché, le coach doit avoir
intégré les notions de transfert et contre-transfert.
Mais ce n’est pas suffisant. Il est normal que l’entreprise
veuille savoir ce qui se passe dans le coaching. Quels sont les
résultats obtenus ? Comment évolue la motivation du
coaché ? Comment répondre à ces questions sans
enfreindre la règle de la confidentialité ? Mais le coach
doit aussi savoir réagir à de fréquentes
réactions intrusives de la part du prescripteur, tant par
rapport au coaché que par lui : « Vous devriez lui dire de
faire ceci ou cela … ». Il s’agit donc d’une
relation complexe, instable, délicate à gérer, car
contenant la possibilité de conflits
d’intérêts.
Le coaching de particulier (ou Life Coaching).
Le coach peut aussi travailler en direct avec un particulier. Le plus
souvent, cela s’inscrit dans une problématique
professionnelle. Mais la dimension de la vie privée peut aussi
entrer en compte, comme dans le cas où le client (le
coaché) désire parvenir à un meilleur
équilibre entre sa vie privée et sa vie professionnelle.
Pour citer un autre exemple, il arrive aussi qu’un manager en
poste, mais sur le départ, préfère éviter
de parler de sa problématique dans son entreprise et fasse donc
appel à un coach privé.
A priori, on pourrait penser que cette relation ne fait intervenir que
deux personnes : le coach et son client. La réalité est
plus compliquée, dans la mesure où le coach doit avoir
suffisamment de sensibilité pour saisir les enjeux
environnementaux (familiaux et autres). Il appartient au coach de ne
pas laisser ses propres à-priori interférer dans la
réflexion du coaché.