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Le blog de Frédéric Martin
7 mai 2007
La délocalisation et le
progrès social
Michael Porter (qui fut l'un de mes professeurs) avait raison en
écrivant en 1980: "An increasing number of industries have become or are
becoming global industries in the 1970s, and this important structural setting
is likely to become even more prevalent."
En trente ans de
globalisation, les délocalisations deviennent monnaie courante. Et ce n'est pas
fini! Mais cela reste un phénomène mal vécu. Les managers ne sont pas tous
insensibles, froids et détachés. Ce n'est pas si facile de fermer une usine
dans la France profonde pour en ouvrir une autre à l'autre bout du monde pour
économiser quelques pourcentages de masse salariale. Se dire que c'est une
question de survie pour l'entreprise ne suffit pas toujours à se donner bonne
conscience.
Un copain de vélo marié à la
sœur de la femme de l'importateur français d'un industriel italien spécialisé
dans les vêtements et accessoires de cyclisme (non, je ne connais pas le nom de
son concierge) m'a rapporté l'histoire suivante:
"Il a commencé par
mettre au point avec des designers italiens une nouvelle paire de chaussures
pour le vélo de compétition avec des semelles en magnésium. La technologie
hyper-sophistiquée venant de l'industrie aéronautique russe, les semelles sont
faites en Russie (...pas en Italie). Plutôt que de monter et assembler les
chaussures dans l'un de ses atelier italiens, il a crée une usine en Croatie
(...où la main d'œuvre est bon marché). A sa grande surprise, le lancement de
l'activité s'est très mal passé avec un absentéisme très élevé. La plupart des
ouvriers tombaient malades comme des mouches. Face aux conditions sanitaires
déplorables en Croatie, il a pris le problème à bras-le-corps en ouvrant un
centre médical (...financé par son entreprise) à l'intérieur même de l'usine.
Grâce aux soins délivrés par des médecins et des dentistes, ainsi que par un
système type "ramassage scolaire", la productivité est remontée au
niveau espéré."
Comme quoi, la
délocalisation peut être un prétexte à un progrès social. Positivons,
positivons.
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